À l’heure où tous les yeux sont braqués sur Copenhague dans l’espoir d’un grand accord international sur le climat, la France (dont la température a augmenté de presque un degré entre 1901 et 2000) se penche sur les conséquences du réchauffement climatique sur son territoire. L’objectif est de mesurer les effets et le coût du changement climatique pour les 20 ou 50 ans à venir.
Ainsi, l’ONERC (Observatoire National sur les Effets du Réchauffement Climatique) vient de remettre son troisième rapport à Jean-Louis Borloo, le ministre de l’Écologie. Réalisé par quelques 200 spécialistes des administrations concernées et en collaboration avec des organismes de recherche et des acteurs privés, ce travail conduit à des résultats pour dix secteurs-clés : risques naturels, ressource en eau, biodiversité, santé, infrastructures routières, agriculture, forêt, énergie, tourisme et territoires.
Il révèle que les coûts annuels liés aux changements climatiques pourraient atteindre plusieurs milliards d’euros par an si aucune mesure d’adaptation ne venait à être prise.
L’Etat devrait en effet faire face à de nombreux défis et tous les secteurs économiques seraient touchés : la montée des eaux dans certaines régions (Languedoc-Roussillon notamment), la pénurie d’eau dans d’autres bassins, les logements et infrastructures en zone submersible, les infrastructures routières fragilisées, les saisons touristiques chamboulées, les feux de forêts ou encore les canicules à répétition…
Concernant la raréfaction des ressources en eau, si la demande en eau reste identique, le rapport estime qu’en 2050, 2 milliards de mètres cube d’eau potable par an pourraient venir à manquer (sur 32 milliards de m3). Les zones les plus touchées seront les même qu’actuellement, à commencer par le grand Sud-Ouest et l’on pourrait voir se multiplier les conflits d’usage entre agriculteurs, industriels et particuliers.
La montée du niveau de la mer engendrerait des coûts importants dans certaines régions : dans le seul Languedoc-Roussillon, des milliers de logements seraient concernés avec un coût évalué à plusieurs dizaines de milliards d’euros. De même, les dégâts causés par la sécheresse aux maisons construites sur des sols argileux pourraient faire passer le coût des réparations de 220 millions d’euros par an à 700 millions, voire 1,3 milliard d’euros, selon les scénarios les plus noirs d’ici 2100.
Pour faire face à cette situation, plusieurs pistes d’adaptation ont été identifiées et permettraient de limiter les impacts négatifs du changement climatique. La plupart des mesures d’adaptation sont toutefois largement dépendantes des caractéristiques territoriales et devront donc être examinées au cas par cas au niveau local.
Les connaissances rassemblées et les pistes d’adaptation proposées serviront au lancement, d’ici à 2011, d’un plan national d’adaptation au changement climatique, conformément à la loi d’orientation du Grenelle de l’environnement.
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