Voici un premier article proposé par un internaute !
Dans un communiqué de presse du 3 février 2010, l’Igepac apporte des précisions sur des données médiatisées autour du rapport Ampères :
1. Deux précisions de Madame Marina Coquery coordinatrice scientifique du projet AMPERES, directrice de recherche au laboratoire d’analyses physico-chimiques des milieux aquatiques - Cemagref - UR Milieux Aquatiques, Ecologie et Pollutions - 3bis quai Chauveau, Lyon
Question igepac : « Le rapport parle de substances prioritaires mais quelles sont-elles ? »
Réponses de Madame Coquery : Les substances prioritaires de la DCE sont au nombre de 33.
Voir la liste : http://ddata.over-blog.com/3/00/14/37/2010/Amperes-2008-105-CE.pdf
Question igepac : « Pour chaque molécule analysée, quelles sont les moyennes de concentration à l’arrivée et en sortie de station ? (ou éventuellement pour chaque station ) »
Réponses de Madame Coquery : « Ces données existent mais sont en cours d’exploitation finale / publication scientifique. Elles seront prochainement publiques (d’ici la fin de l’année au + tard ). »
2. Dans le document de synthèse du projet AMPERES, il est écrit :
« En définitive, 15% des substances prioritaires, … se retrouvent dans les rejets en sortie de stations d’épuration conventionnelles à des concentrations supérieures à 0,1 µg/l** en raison de leurs propriétés physicochimiques et de leur concentration élevée en entrée de stations d’épuration. »
3. Ce samedi dernier, chez Denis Cheissoux.
http://www.wat.tv/video/pollution-stations-epuration-25uth_1vxsi_.html
La journaliste : « Ils (les scientifiques du Cemagref et de Suez Environnement) ont surveillé 100 molécules de synthèse des polluants … ils ont regardé combien étaient piégés … résultats avec Diane d’Arras qui dirige la recherche à Suez Environnement. »
Diane d’Arras : « On est plutôt agréablement surpris, puisqu’on s’aperçoit que globalement les stations traitent les micropolluants, qui ont été mis dans une liste comme étant prioritairement à éliminer, de façon satisfaisante. Il y a 85 % de ces micropolluants qui sont bien éliminés par les stations classiques qui sont installées en France aujourd’hui. »
igepac : FAUX … FAUX … FAUX … FAUX, évidemment … d’après ce qui précède. Faux … par omission.
4. Plus près de la réalité
« … 85 % de ces micropolluants qui sont bien éliminés … » veut dire : « … 85 % des 33 micropolluants que NOUS AVONS SUIVI, sont éliminés … »
33 micropolluants parmi des centaines de molécules incluses dans les substances prioritaires (voir le tableau ci-dessous), ne peuvent pas donner un rapport de 85 % de « micropolluants bien éliminés par les stations classiques qui sont installées en France aujourd’hui. »
Le début de la phrase devient : « On est plutôt DÉSagréablement surpris, puisqu’on s’aperçoit que globalement les stations traitent les micropolluants, qui ont été mis dans une liste comme étant prioritairement à éliminer, de façon INsatisfaisante.
(Pour une bonne information, il ne manquait qu’une vingtaine de lettres !)
Patientons quelques mois pour obtenir des résultats exploitables.
Sans cette coûteuse étude (?) nous savons déjà que les résultats sont catastrophiques car il n’y a pas de traitement efficace dans la plus moderne de nos stations (qui est plus performante que les anciennes mais moins que les futures). Le pire peut-être : les boues polluées sont épandues sur les terres agricoles, les céréales et les nappes phréatiques sont contaminées … .
En attendant, le Monde empoisonne notre Environnement en oubliant que l’Homme fait partie de cet environnement et nos décideurs sont des acteurs-spectateurs passifs !
Nos remerciements à Madame Marina Coquery mais également à Madame Marie SIGNORET, chargée de communication - relations médias – Cemagref
https://projetamperes.cemagref.fr/
Pour en savoir plus :
Pierre PETIT pour igepac
2 réponses pour"Précisions sur le projet AMPERES"
Vous nous avez soumis votre communiqué pour publication sur notre blog. Voici les éléments que nous pouvons apporter à votre contribution :
Les chercheurs du Cemagref souhaitent préciser que vous vous basez sur des reprises d’interviews sorties de leur contexte, qui n’ont pas la même valeur scientifique que le premier rapport rendu publique et diffusé.
Parallèlement, SUEZ ENVIRONNEMENT confirme et maintient que les stations d’épuration initialement conçues pour traiter l’azote, le phosphore et le carbone, conformément à la réglementation européenne, éliminent ainsi 85 % des 33 substances prioritaires (13 d’entre elles doivent être supprimées des milieux aquatiques à l’horizon 2015 et 20 devront être réduites). Ce sont les seules substances réglementées par la Directive Cadre Européenne de 2000.
Avec des traitements classiques (secondaires), les stations d’épuration existantes pourront ainsi contribuer à l’atteinte des objectifs européens de 2015 de bon état écologique et chimique des masses d’eau en France.
Pour les substances émergentes, qui ne sont pas forcément aujourd’hui dotées de valeurs de références sur lesquelles s’appuyer dans les évaluations de risques, les stations actuelles ne montrent pas la même résilience. Mais nous disposons déjà des technologies pouvant éliminer de façon très poussée ces substances (filière tertiaire avancée). Toutefois ces technologies ont un coût élevé, tant en investissement qu’en exploitation (forte consommation énergétique).
Que ce soit pour les substances dites prioritaires ou émergentes, il faudra à chaque fois regarder s’il n’est pas plus judicieux de travailler à l’amont des stations d’assainissement de façon préventive afin d’éviter de voir arriver ces produits.
Le groupe SUEZ ENVIRONNEMENT est ainsi partisan de continuer à travailler avec les autorités publiques de façon préventive, et de n’avoir recours aux solutions curatives (traitements sophistiqués dans les stations d’épuration) que quand la situation l’impose.
Concernant votre remarque sur les boues, nous vous rappelons que la pratique de l’épandage des boues dans l’UE, et en France en particulier, est parfaitement encadrée. Il est notamment nécessaire de prévoir un plan d’épandage qui s’assure que les apports en nutriments des boues n’excèdent pas les besoins des sols et qu’il n’y a pas d’effet néfaste sur les cultures. En particulier, des normes existent déjà pour une série de micropolluants (métaux, HAP, PCB), au delà desquelles les boues ne peuvent être épandues et sont donc envoyées en valorisation énergétique. Pour les boues analysées dans le cadre du projet AMPERES, toutes les concentrations mesurées ont été inférieures aux normes, ce qui là aussi est un résultat rassurant.
Dans le cadre de cette politique de contrôle qualité, rien n’indique qu’il existe un risque pour la santé humaine lié à l’épandage des boues, en l’état actuel des connaissances. Plusieurs études de risque ont été réalisées par l’INERIS, en France, qui ont toutes conclu à une absence de différence entre cultures avec épandage de boues et cultures sans épandage de boues.
Ceci est à mettre en relation avec une étude de l’ADEME en 2007 montrant l’apport minoritaire de micropolluants vers les sols par les boues par rapport à d’autres entrants tels que les engrais ou les retombées atmosphériques, voire même le fonds géochimique des sols.
Merci d’avoir publié mon article, je publierai votre commentaire. Le débat est toujours constructif et je souhaite qu’il se poursuive.
Comme vous êtes très performant en communication ( la preuve ), ne pourriez-vous pas inclure dans vos contrats de fermier une formation en communication, pour beaucoup de nos élus ?
PS : Je “travaille” aussi pour Suez : les usines de traitement de l’eau du robinet actuelles seront les stations d’épuration de demain, c’est une évidence igepac qui se confirme de jour en jour.
Paroles d’ancien chimiste.
Cordiales salutations
Pierre Petit
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