Nous avons récemment reçu plusieurs questions sur la qualité de l’eau potable. En particulier, Mr. Petit, qui a contribué récemment au Waterblog, nous a à nouveau interrogés sur la fiabilité des contrôles effectués. En ces temps où ces questionnements légitimes sont utilisés à des fins plus ou moins honnêtes, il nous a donc paru important de faire un point sur la qualité de l’eau du robinet.
C’est le produit alimentaire le plus étroitement contrôlé. En France, pour être dite « potable » l’eau doit répondre à 54 critères de qualité, définis par le Ministère de la Santé, sur la base des recommandations de l’Organisation Mondiale de la Santé. Les valeurs limites des substances plus ou moins tolérées telles que le plomb, le fluor ou encore les nitrates, ont été fixées selon un principe de précaution, sur la base d’une consommation quotidienne qui convient aux personnes les plus fragiles. Ces critères sont régulièrement révisés, en fonction de l’évolution des connaissances scientifiques. La dernière révision date, en France, de 2007.
Sur la base de ces critères, les contrôles sont effectués à la fois par les Directions départementales des affaires sanitaires et sociales (DDASS) et les opérateurs des services d’eau et d’assainissement comme Lyonnaise des Eaux. Les prélèvements sont réalisés sur l’ensemble des installations de production et de distribution d’eau potable. Dans chaque usine, et en différents points du réseau de distribution, des prélèvements quotidiens sont effectués par les opérateurs puis analysés en laboratoire. Certaines installations de la Lyonnaise des Eaux sont même équipées de capteurs qui analysent l’eau en continu et déclenchent automatiquement l’alerte en cas d’anomalie. En 2008, plus de 99% des analyses effectuées par les autorités sanitaires sur les eaux produites et distribuées par Lyonnaise des eaux étaient conformes à la réglementation française, l’une des plus strictes au monde.
On entend beaucoup parler aujourd’hui des micropolluants et, notamment, des résidus médicamenteux. Le gouvernement a d’ailleurs récemment lancé l’élaboration d’un plan national spécifique. Mais il faut préciser qu’il s’agit là de répondre à un enjeu essentiellement écologique. En effet, les résidus ne sont présents dans la ressource qu’à l’état de traces, à des doses extrêmement faibles, de l’ordre de quelques nanogrammes par litre. Ces traces sont sans commune mesure avec les doses thérapeutiques habituelles. Leur absorption, à ces doses, à raison de 2 litres d’eau par jour pendant 70 ans équivaudrait dans le pire des cas à une exposition cumulée inférieure à 1/100e d’une dose thérapeutique journalière classique. S’ils ne présentent donc pas a priori un risque sanitaire, les résidus de médicaments peuvent représenter un enjeu écologique pour les espèces animales et végétales présentes dans les rivières. A travers des initiatives comme les « zones libellule » de Lyonnaise des Eaux ou des programmes de recherche tels que le programme Ampères en partenariat avec le Cemagref, SUEZ ENVIRONNEMENT travaille activement à l’amélioration des connaissances et des performances en matière de lutte contre ces micropolluants.
En résumé, à la question « l’eau du robinet est-elle buvable ? », on peut répondre « oui, les yeux fermés ». Car il existe quantités d’yeux vigilants pour vous assurer de sa qualité.
En savoir plus
- Visiter le site de Lyonnaise des Eaux
- Visualiser le reportage « Poissons sous ordonnance » diffusés sur Arte le 11 mars 2010

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