Le phénomène d’exode rural dans les pays en développement, qui s’ajoute à l’augmentation naturelle de la population, constitue un défi supplémentaire pour la gestion de l’eau potable. Exemple révélateur, Bamako (Mali) a vu sa population presque doubler en dix ans, soit environ 90 000 habitants supplémentaires tous les ans.
Dans ces conditions, programmer des points d’eau potable, ou tout autre type d’infrastructure sociale ou sanitaire (école, électricité, assainissement…) constitue un véritable casse-tête pour les directions techniques des pays connaissant un fort exode rural. A fortiori, ce phénomène de désertion des villages au profit des villes vient peser, dans les pays en développement, sur des infrastructures souvent peu développées.
Un hydrogéologue français travaillant à Bamako reconnaît que d’énormes efforts ont été faits depuis quelques années pour permettre un accès à l’eau potable à la population vivant dans la capitale. Cependant, face à l’urbanisation galopante, la situation des infrastructures pour la gestion de l’eau est parfois critique. Or, selon l’hydrogéologue, le problème principal réside dans le fait que pendant des années, « la majorité des investissements servaient tout juste à maintenir le cap, à couvrir les besoins créés par l’augmentation naturelle de la population ». Pourtant, la proximité du fleuve Niger fait de la ville de Bamako, une privilégiée vis-à-vis par exemple, de la ville de Nouakchott (Mauritanie) qui devra bientôt pomper l’eau dans le fleuve Sénégal, distant de plus de 200 km. L’eau du fleuve Niger doit néanmoins être traitée, ce qui implique la construction, très onéreuse, d’une nouvelle station de traitement, et la rénovation des conduites et des réservoirs.
Connaissant une évolution démographique similaire, la ville de Zanzibar en Tanzanie est l’objet d’un projet novateur liant Google et le groupe des Nations Unies pour l’habitat. Ce projet vise à améliorer l’accès à l’information sur la couverture en eau de la ville. Concrètement, les usagers pourront signaler des défauts dans les systèmes d’approvisionnement en eau via leur téléphone mobile; ces signalements prendront prochainement la forme d’un site web d’information.
Le groupe des Nations Unies pour l’habitat fournira à la ville de Zanzibar, une assistance technique pour la gestion du projet, et participera à l’élaboration d’une stratégie de gestion de la demande en eau, ainsi que de surveillance des ressources locales en eau. Pour mener à bien ce projet, Zanzibar bénéficiera d’un soutien financier de l’ordre de 65 millions de dollars de la Banque Africaine de Développement.
En parallèle, au travers du programme Eau pour les villes africaines, le groupe des Nations Unies pour l’habitat travaillera également à la mise en œuvre d’initiatives pilotes visant à une meilleure récolte des eaux de pluie et à l’identification de sources alternatives d’énergie à Zanzibar permettant de diminuer le coût du pompage de l’eau.
A l’instar de Zanzibar, l’hydrogéologue en appelle donc aux différents bailleurs de fonds pour que les projets de sécurisation de l’eau potable puissent être mis en place à Bamako.
Pour aller plus loin :
- Lire l’article "Eau et Assainissement : l’investissement croissant du Mali pour la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le Développement"
- Visiter le blog Toubabou à Bamako, 18/01/2010.
- Visiter le site du groupe des Nations Unies pour l’habitat

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