Longtemps laissée en marge des négociations sur le climat (la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC) ne se réfère qu’une seule fois à la gestion de l’eau), la question de l’eau est désormais au cœur des préoccupations de plusieurs Etats, tous continents confondus. En effet, dans le cadre de la Conférence de l’Organisation des Nations Unies (ONU) sur le changement climatique de Cancun (Mexique), plusieurs Etats se sont mobilisés pour une meilleure prise en compte de la question de l’eau dans les discussions.
Le 2 décembre dernier, les ministres des affaires étrangères du Green Group ont ainsi attiré l’attention sur le lien entre le changement climatique et l’eau, et sur l’importance d’une meilleure gestion des ressources en eau pour réduire l’impact des mutations du climat. Ce forum informel des ministres des affaires étrangères représentant le Cap-Vert, le Costa Rica, les Emirats arabes unis, l’Islande, le Singapour et la Slovénie, a ainsi rappelé dans une déclaration commune que les conséquences les plus sévères du changement climatique porteront sur les cycles naturels de l’eau. Difficulté supplémentaire, comme l’ont souligné ces Etats, l’eau est inégalement répartie sur la planète. La situation de ces Etats illustre d’ailleurs cette problématique : le Costa Rica, l’Islande et la Slovénie possèdent ainsi de l’eau en abondance, tandis que le Cap Vert et les Émirats Arabes Unis font face à une pénurie, et que Singapour dispose de surfaces de réserve limitées malgré la pluie abondante qu’il reçoit.
En parallèle de la déclaration du Green Group, six autres Etats (l’Equateur, le Soudan, la Syrie, le Chili, le Salvador et la Sierre Leone) ont interpellé le 6 décembre sur le même sujet les représentants des 190 Etats présents. Ils ont plaidé pour que la question de l’eau soit intégrée à l’agenda de la prochaine réunion de l’Organe subsidiaire de conseil scientifique et technologique (SBSTA). Organe essentiel des discussions sur le climat, le SBSTA apporte un regard sur différents aspects scientifiques, technologiques et méthodologiques pouvant être débattus lors des Conférences internationales. Le SBSTA fait également le lien entre l’information scientifique fournie par le Groupe Intergouvernemental d’Experts sur l’Évolution du Climat (GIEC) et les parties présentes à la Conférence.
Tarsicio Granizo, représentant de l’Equateur, a souligné que le changement climatique aura en premier lieu un impact sur les ressources en eau, nécessitant ainsi une réponse rapide et adaptée. Selon l’IPCC (Intergovernmental Panel on Climate Change), l’eau est en effet le premier élément touché par les mutations climatiques et ressenti par les populations et l’environnement.
The Water and Climate Coalition, qui se compose de douze organisations internationales et centres de recherche spécialisés dans le domaine de l’eau, a salué la position commune des six Etats qualifiée « d’avancée capitale ».
Pour aller plus loin
- Lire l’article sur Le Monde, 07/12/10 "L’eau noyée dans les changements climatiques"
- Visiter le site de l’Ambassade de République de Slovénie à Paris, déclaration commune du Green Group

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